Cerise #3

Aujourd’hui, nous allons suivre l’histoire de Cerise.

Bien que casanière, un événement a transformé la vie de notre héroïne.

C’était un matin de printemps, pendant que Cerise faisait sa promenade journalière, une camionnette blanche semblait s’approcher d’elle. Lorsqu’elle faisait mine d’accélérer, la camionnette accélérait. Si elle ralentissait, la camionnette ralentissait. Cerise sentait son rythme cardiaque accélérer, une montée d’adrénaline, enivrante, inquiétante. Car Cerise avait entendu parler de ces gens, qui, dès le levé du soleil, s’en prenait à ses semblables.

Malgré son âge, Cerise ne voulait pas se laisser faire, elle ne pouvait pas.

Soudain, une accélération, le jeu arrive à sa fin. Des bruits de pas se font entendre, l’affaire de quelques secondes, trop tard pour Cerise. L’âge aura eu raison d’elle, ils l’ont eu.

Le noir. Profond. Insidieux. Du bruit à l’extérieur ? La camionnette s’arrête. Un filet de lumière traverse l’endroit où ils l’ont enfermé. Impossible de savoir où ils ont pu l’emmener. Elle hurle « à l’aide, à l’aide ! » personne ne l’entend. Personne ne veut entendre ? Qui sont ces gens ? Pourquoi l’ont ils enlevé ?

Quelle cruauté de l’univers se jouait maintenant ? Lorsqu’elle comprends qu’elle a bel et bien quitté la camionnette pour être emmené dans un bâtiment, les questions que se posent Cerise envahissent son esprit. Du calme, il faut qu’elle respire, impossible de penser sous l’effet de la peur.

Inspire, expire. Inspire, expire.

Le bruit a changé. Plus proche, des mains l’attrapent, elle hurle de plus belle, elle se débat, rien n’y fait. Pendant sa lutte, elle tente de regarder autour d’elle, on dirait…un cabinet médical ?!

Quel genre de monstres sont ces personnes ? Qui fait ça à un innocent capturé dans la rue, enlevé à ses proches, sa famille ? Qu’est-ce qu’elle a bien pu faire pour mériter un tel sort ?

Toute notre vie nous amène à découvrir la cruauté du destin, mais comment peut on un instant s’imaginer que tout ça, toute cette violence, cette noirceur peut un jour nous absorber ? Tel un voile, inarrêtable, qui engloutit tout sur son passage.

Mais c’était désormais le destin de Cerise. Ses geôliers l’ont examiné, lavé, lui ont injecté plusieurs produits. Dans quel but ? Une expérience ? Quelle folie.

Ils la déplacent à nouveau, elle entends des cris au loin, impossible de déchiffrer ce qui est dit, entre les plaintes et les cris, impossible de comprendre. C’est en arrivant finalement dans ce couloir, qu’elle découvre l’horreur : des cages, occupées depuis plus ou moins longtemps par différents individus, d’origines différentes, de cultures différentes. Elle comprends l’ampleur du danger dans lequel elle se trouve, un trafic d’être vivant ? Des bruits de l’extérieur provoquent un silence, comme une vague de peur, la terreur, assourdissante, remplace le bruit des cris, des appels à l’aide.

Des gens. Ils sont rentrés dans la pièce depuis de temps mais le corps de Cerise a su, avant même que l’information atteigne son cerveau, que ces gens étaient dangereux. Ce sentiment de peur, qui, du plus profond de son être, hurle, alors que sa bouche reste close, comme pétrifiée par la situation.

Il la pointe du doigt. Un enfant, un enfant vient de sceller son destin. Des mains l’attrapent, impossible de résister, ils l’emmènent. Encore.

Après un moment de silence, elle arrive à nouveau dans ce cabinet médical. Ses geôliers parlent à ce groupe avec l’enfant, une famille, elle pense. Est-ce qu’ils savent ce que ces gens lui ont fait vivre ?

Ce n’est qu’une fois à l’extérieur, que la famille la place dans un véhicule, à côté de l’enfant qui, plus tôt, l’avait pointé du doigt. Ce dernier la regarde, elle essaie de lui parler mais il ne semble rien comprendre. Désespoir.

Mais en même temps, c’est normal. Cerise est un chat.

Olivier #2

Olivier a toujours voulu voyager.

Voir les aurores boréales du nord, l’infini du désert, la beauté des temples Maya et pourquoi pas, aller jusqu’au Japon ?

Mais la vie en a décidé autrement. En effet, Olivier est atteint d’une condition rare qui l’empêche de réaliser son rêve.

Est-ce que le destin peut-être un frein aux désirs d’Olivier ? Je ne crois pas, non ! Il n’y a rien de plus tenace qu’un être privé de sa liberté, le simple fait de se savoir enfermer a suffit à créer des prouesses encore conter aujourd’hui, dans nos livres d’histoires.

Olivier fait parti de ces êtres, qui ne seront jamais freinés que par leur imaginations. Son rêve ne saurait être retardé par quelque chose d’aussi « ridicule » que le destin. Il a même un plan pour y remédier !

La technologie existe, il suffit de mettre les éléments en place pour pouvoir s’en servir. Mais il aura besoin d’aide, pour ça, il lui suffira de contacter des alliés de sa résistance, de plus en plus nombreux chaque jours, ils pourront l’aider. Après, que faire ? Un moyen de transport ? Facile. Le transport de provisions n’est pas nécessaire, le nombre d’exemples de vie en auto-suffisance prouve qu’il n’y a aucun besoin de s’embarrasser avec des réserves. Il ne reste donc plus qu’à choisir le trajet. Et ça, Olivier a eu le temps d’y songer. Il veut d’abord découvrir la neige, qu’il n’a jamais eu l’occasion de voir, mais où aller ? L’idée est de se dépayser, autant voir grand ! Voyons, voyons…la Norvège ? Non, pas un grand adepte de la montagne. L’Islande alors ? Oui ! Les geysers et sources chaudes d’Islande ont bonne réputation, même dans le petit village du sud où vie Olivier.

C’est donc décider, Olivier commencera son périple en Islande. La position de ce petit pays lui permettra d’aller où bon lui semble par la suite et il ne risque pas de s’ennuyer. Résumons le plan.

  1. Prendre contact avec les résistants
  2. Mettre en place son transport
  3. Bateau ou avion ?
  4. L’Islande !
  5. Le Monde ?

Voilà, c’est décidé. Jamais Olivier n’a connu plus d’entrain pour réaliser son rêve. Se soumettre au destin ? Jamais ! Olivier est un guerrier de la Vie. Ses proches auront beau tenter de le retenir, de lui dire d’abandonner, rien n’y fera ! Olivier est convaincu qu’il y arrivera, rien ne se mettra sur son chemin.

Mais Olivier n’y arrivera jamais.

Pour une raison simple.

Olivier est un arbre.

Frank #1

6 ans.

6 ans que tout a commencé.

Frank vivait une vie de rêve, il avait rencontré l’amour de sa vie, il s’était même marié ! Un conte de fée pour toutes personnes souhaitant vivre une vie « normale ». Et c’est ce qu’il voulait, une vie calme, sans remous.

Mais le destin en aura voulu autrement. Quand « ça » est arrivé, ça a commencé par sa femme. Petit à petit, « ça » s’est installé. Insidieux. Traître. Mais ça ne pouvait pas être grand chose, non ? Ça n’arrive que dans les films, ça ira mieux. Bientôt. Mais les mois passent, les choses se dégradent de plus en plus. Maintenant, sa femme n’était plus la seule touchée : le rêve était en train de tourner au cauchemar.

Rien n’y faisait, le temps avançant, nos deux tourtereaux sentaient le poids de cette « présence », la fatigue, des choses qui bougeaient sans aucun raison dans leur maison, des objets chers à leurs cœurs détruits…

« Ça » était partout. Ils pensaient à une malédiction, un mauvais sort !

Ils ont essayé de se battre, de se sauver, mais rien n’y a fait. « Ça » était trop fort, trop attaché. Fallait-il s’en remettre à l’Église, à un quelconque Dieu ? L’idée peut sembler folle, mais lorsque le sort s’acharne sur vous, est-il si aberrant de s’en remettre à l’invisible ?

Frank n’a pas pu. Sa femme non plus. Mais que faire ? Tenter de vivre malgré « ça » ? Ils ont essayé. Et ça a marcher, pendant un temps. Mais « ça » ne s’est pas arrêté, au contraire, avec les années, « ça » a même commencer à se renforcer, devenir de plus en plus pesant sur nos pauvres amoureux. Jusqu’à ce jour, terrible. Avez-vous déjà eu le sentiment d’être suivi mais en vous retournant, rien à l’horizon ? Mais ce sentiment qui ne se décroche pas de vous…

C’est ce qu’à vécu Frank. Un jour, en allant travailler, « ça » à commencer à le suivre. Dans les escaliers, Frank accélère, « ça » accélère. Il ralentit… »ça » ralentit. Mais à un moment, les bruits de pas s’intensifient. Frank prends peur. Est-ce que « ça » a décidé d’arrêter ce jeu sadique, cette torture incessante des 6 dernières années ? Est-ce la fin pour Frank ?

Instinct de survie, l’esprit animal reprend le dessus, Frank tente le tout pour le tout et descends les dernières marches à toute vitesse. Un bruit assourdissant l’accompagne. « Ça » ? Son cœur ? Il ne sait pas. Il arrive dans le hall de son immeuble, plus que quelques mètres entre lui et sa voiture…

Ses clés ? Frank supplie l’univers que ses clés soient bien dans sa poche, qu’il ne les aient pas oubliés…soulagement : elles sont bien avec lui.

C’est le souffle court qu’il atteint sa voiture. Mais derrière lui, les bruits de pas continuent de le suivre. Il le sait désormais : seulement quelques secondes le sépare de « ça ». Il tremble, son rythme cardiaque n’a jamais été aussi haut. Il doit rentrer dans sa voiture et partir au plus vite. Mais c’est là qu’il réalise l’horreur de la situation. Les bruits de pas. Il ne les entends plus.

Il ouvre la porte de sa voiture et bondit dans sa voiture. C’est là qu’il l’entends. Cette voix. C’est trop tard. Il l’entends.

Papa ! Attends moi !